ART /

Sound trip / Film strip

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Paul Sharits

1972-2007

FilmStrip / SoundStrip consiste en quatre boucles d’un film Super 8, projetées les unes à côté des autres et ressemblant à une bande de plans fixes. La bande-son consiste en un mot divisé en quatre syllabes, chacune étant énoncée par un locuteur différent pour chaque boucle. Celles-ci ont une durée de dix minutes et, comme elles ne sont pas synchronisées, le film ne répète jamais son cycle initial. Sharits qualifiait ce travail d’événement «in situ»plutôt que d’événement théâtral ; son « sujet » est le passage d’une pellicule dans un projecteur et d’un mot du temps à l’espace.


« L’image de FilmStrip / SoundStrip fut d’abord photographiée comme un film 16 mm inversible en couleurs. Pour ses flicker films, Sharits utilisait un papier Coloraide, le papier de sérigraphie aux couleurs vives qu’emploient les graphistes. Il filma ses plans l’un après l’autre afin d’orchestrer les plans chromatiques en des symphonies miraculeuses de fluctuations de clignotement chromatique (color flicker). Il n’utilisa qu’une teinte de rose et varia le temps d’exposition de manière à ce que la couleur passe en fondu du blanc au noir et par tous les niveaux de saturation intermédiaires du rose. Il prit ensuite le rouleau du film 16 mm inversible en couleurs ainsi traité et le gratta avec la pointe d’un stylo bon marché de manière à ce que la rayure dessine une diagonale sur la moitié de la bande de 32,50 mètres, puis il répéta l’opération à l’envers sur la deuxième moitié du rouleau.
Sharits avait modifié son projecteur en retirant l’obturateur et le mécanisme à came de sorte que l’appareil projetait le film en le faisant glisser à travers la fenêtre de projection sans aucun mouvement intermitent et sans l’illusion de mouvement que le projecteur permet habituellement. Il en fit une projection sur un écran transparent et rephotographia l’autre côté de l’écran avec une caméra 16 mm. L’image projetée était celle de la pellicule glissant devant la fenêtre de projection. Il filma ensuite, avec un film négatif, la pellicule traversant le projecteur à des vitesses variables – rapides et lentes. Il en résulta un film créant une double illusion, celle d’une rayure et celle d’une pellicule glissant devant l’écran. Sharits produisit alors une série de copies au ralenti de ce négatif en bandes magnétiques Super 8. Sur chacune de ces copies en Super 8, il fit une vraie rayure parallèle à l’illusion de rayure existant sur la pellicule 16 mm. Ces copies en Super 8 furent placées sur une bobine de projection en boucle Fairchild. À la projection, l’illusion de rayure accélère et ralentit avec l’illusion de la pellicule en mouvement, tandis que la rayure réelle de la copie en Super 8 est régulière car elle est sur la pellicule réelle qui traverse le projecteur Super 8 avec des mouvements intermittents de vingtquatre plans par seconde. »*
Bill Brand

*Extrait du texte « L’artiste archiviste  » d’un exposé prononcé en 2004 au colloque de l’AMIA(Association of Moving Image Archivists) à Minneapolis, devant un comité réuni autour du thème « Fixing the Moment : Preserving Expanded Cinema », et présidé par Andrew Lambert. Il a ensuité été publié dans Andrew Lampert (éd.), Results You Can’t Refuse: Celebrating 30 Years Of BB Optics, New York, Anthology Film Archives, 2006.

 


En savoir plus

Sur l’artiste :
www.paulsharits.com/

 

Podcast – Paul Sharits / Entretien avec Yann Beauvais – 7/11/2007


Podcast – Paul Sharits / Entretien avec Steina et Woody Vasulka – 8/11/2007

Podcast – De la question du son et de la musique chez Paul Sharits / par Yann Beauvais – 17/01/2008

 

Vidéo de l’oeuvre :

https://www.youtube.com/watch?v=rPK4BT6TqEs


Document(s) à télécharger

Fiche pédagogique de l'œuvre
expo Sharits 13 10 07 SC
EMG07_EE__005